• IZIS

     ISRAËL BIDERMANAS dit IZIS

    IZIS

    (1911-1980)

    Né Izraël Biderman en 1911 en Lituanie contrôlée par la Russie, il devient Izraëlis Bidermanas à l'indépendance, en 1918, il est surnommé le «rêveur» à l'école hébraïque.

     

    Adolescent, il est apprenti chez un photographe de sa ville. Émigré sans le sou à Paris en 1930, exploité comme travailleur clandestin dans des laboratoires photographiques, survivant en zone libre au moment où sa famille lituanienne est décimée par les nazis.

    Réfugié dans le Limousin, il y travaille sous le nom d'Izis en tant que retoucheur de photos. En 1944, il est arrêté par les nazis. Libéré, il rejoint la Résistance. Il réalise de nombreux portraits de maquisards dans un style plus vivant et réaliste que ce dont il avait l'habitude. Ces photos feront son succès au lendemain du conflit.

    De retour à Paris, il rencontre Brassaï, Laure Albin-Guillot et E. Sougez. Son style traditionnel d'avant-guerre évolue vers une vision poétique. Il ouvre alors un studio et commence à exposer. En 1949, il participe au lancement de Paris-Match, titre auquel il collaborera durant 20 ans. Pendant ces années, il devient l'ami de Chagall et de Prévert et rencontre de nombreux artistes de l'époque qu'il photographie. En 1950 sort Paris des rêves, son premier livre. Il sera suivi de nombreux autres, réalisés seul ou en collaboration avec d'autres artistes. Paris des poètes publié en 1977 sera son dernier ouvrage.

    Pourquoi Izis est-il si peu connu ? Etrangement, la vague de popularité qui a déferlé sur les photographes dits "humanistes" (Robert Doisneau, Willy Ronis, Edouard Boubat...) l'a laissé de côté.

    L'oeuvre d'Izis, avait pourtant les mêmes atouts que les photographes qui ont peint ce Paris rêvé des années 1950 : des ponts plongés dans la brume, des amoureux enlacés, des regards d'enfants. C'est avec de telles images qu'Izis a connu un immense succès en 1950 avec Paris des rêves : publié par la Guilde du livre.

    Alors pourquoi l'oeuvre est-elle ensuite tombée dans l'oubli ? Peut-être parce qu'Izis est mort en 1980, juste avant que ne renaisse l'intérêt pour l'après-guerre.

    Mais il faut sans doute chercher d'autres raisons dans l'oeuvre même. Les icônes joyeuses y sont rares. L'image la plus connue, des chevaux de bois dans un manège vide sous la neige, a une délicatesse toute mélancolique. Et c'est toute son oeuvre qui résonne d'une tristesse indélébile.

     

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